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23 nov. 2025
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Publié : 4 juin 2026
Pour un finissant d’un DEP en construction, le premier vrai choix de carrière arrive parfois très vite: accepter un emploi dans le secteur assujetti à la Loi R-20, souvent appelé «décret», ou aller vers un poste «hors décret». Le dilemme est réel, surtout dans les métiers comme charpentier-menuisier, où les offres peuvent venir de chantiers très différents: construction neuve, rénovation résidentielle, finition, entretien, petits travaux, agrandissement, projets commerciaux ou travaux spécialisés.
La bonne réponse n’est pas simplement «décret» ou «hors décret». Elle dépend du type de travaux, du cadre légal applicable, des heures qui seront reconnues, des conditions offertes et de l’objectif de carrière du travailleur. Pour un employeur, c’est aussi un sujet important: un nouveau diplômé qui comprend mal son statut risque d’être déçu, mal orienté ou de quitter rapidement.
Dans le langage courant de l’industrie, travailler «décret» signifie généralement travailler dans la partie de la construction assujettie à la Loi R-20 et aux conventions collectives de la construction. La CCQ explique le champ d’application de la Loi R-20, qui encadre les travaux de construction, les relations du travail, la formation professionnelle et la gestion de la main-d’œuvre dans l’industrie de la construction au Québec.
Concrètement, cela veut dire que le travailleur peut avoir besoin d’un certificat de compétence, que ses heures peuvent être déclarées dans le système de la CCQ, et que les conditions de travail sont liées aux règles du secteur concerné. Pour un apprenti, c’est souvent un élément majeur, parce que les heures reconnues peuvent compter dans son cheminement vers le statut de compagnon.
Travailler décret peut aussi donner accès à une structure plus claire: métiers définis, progression d’apprentissage, taux établis, protections collectives, mobilité entre certains chantiers et reconnaissance officielle de l’expérience. Pour quelqu’un qui sort d’un DEP et qui veut bâtir une carrière dans l’industrie assujettie, ce cadre peut devenir un avantage important.
Travailler hors décret ne veut pas automatiquement dire travailler au noir, travailler illégalement ou travailler dans de mauvaises conditions. L’expression signifie plutôt que le travail proposé ne serait pas assujetti à la Loi R-20, ou qu’il se trouve dans un contexte où certaines exclusions peuvent s’appliquer.
La nuance est essentielle. La CCQ publie une page sur les exclusions à la Loi R-20, notamment pour certains travaux d’entretien, de réparation, de rénovation ou de modification selon le type d’employeur, le statut des salariés et le contexte des travaux. Mais chaque situation doit être analysée selon les faits: le lieu, le client, la nature des travaux, l’employeur, le bâtiment et l’usage du projet peuvent changer la réponse.
Un poste hors décret peut donc être parfaitement légitime dans certains contextes. Il peut aussi être intéressant pour apprendre plusieurs tâches, toucher à de la rénovation, travailler dans une petite équipe, faire de l’entretien ou développer une polyvalence terrain. Le risque apparaît surtout lorsqu’un travailleur croit accumuler de l’expérience reconnue pour la CCQ alors que ses heures ne seront pas nécessairement comptabilisées de cette manière.
Après un DEP, le travailleur n’a pas seulement besoin d’une paie. Il a besoin de comprendre où son premier emploi le mène. Deux postes peuvent tous les deux être formateurs, mais ne pas ouvrir les mêmes portes.
Pour un apprenti qui vise le statut de compagnon dans un métier assujetti, les heures reconnues sont centrales. Un emploi peut offrir beaucoup d’expérience pratique, mais si les heures ne sont pas reconnues dans le cadre attendu, le travailleur peut avancer sur le terrain sans avancer au même rythme dans son parcours officiel.
C’est souvent là que le malentendu naît. Un nouveau diplômé peut accepter un poste en pensant «je vais faire mes heures», alors que l’employeur parle plutôt d’expérience générale, de formation interne ou de travaux non assujettis. Les deux peuvent être utiles, mais ce n’est pas la même chose.
Le décret apporte généralement un cadre plus standardisé pour les conditions applicables au secteur. Hors décret, les conditions peuvent varier davantage d’un employeur à l’autre: salaire, horaire, avantages, stabilité, encadrement, outils fournis, déplacements, formation et responsabilités.
Il ne faut pas seulement comparer le taux horaire annoncé. Il faut aussi regarder ce qui vient avec le poste: l’encadrement d’un apprenti, la sécurité, la qualité de l’équipe, la constance des heures, les possibilités d’avancement et le type de projets. Pour les employeurs, cette transparence est un outil de rétention. Un apprenti qui sait exactement ce qu’il accepte risque moins de partir après quelques semaines.
La frontière entre décret et hors décret ne se décide pas seulement avec le titre du poste. Elle dépend surtout des travaux. La CCQ rappelle par exemple, dans sa page sur le fait d’effectuer des travaux, que la construction ou l’agrandissement d’une maison sont des travaux assujettis à la Loi R-20.
À l’inverse, certains travaux de rénovation, d’entretien ou de réparation peuvent se trouver dans des zones différentes selon le contexte. C’est pourquoi il faut éviter les réponses trop rapides du genre «la rénovation est hors décret» ou «tout ce qui est chantier est décret». La réalité est plus nuancée.
Pour un nouveau charpentier-menuisier ou un autre diplômé d’un DEP, le décret peut offrir un parcours plus lisible. Les heures déclarées, la progression d’apprentissage et l’accès à des chantiers assujettis peuvent aider à bâtir une carrière reconnue dans l’industrie.
Le décret peut aussi faciliter la mobilité. Un travailleur qui accumule ses heures, garde ses cartes en règle et comprend les exigences de son métier peut éventuellement passer d’un employeur à l’autre, d’un chantier à l’autre ou d’un secteur à l’autre avec un dossier plus clair.
Pour un employeur, recruter un apprenti dans ce cadre demande une bonne compréhension des règles et des besoins d’encadrement. Le guide ConstruMD sur comment embaucher un apprenti en construction au Québec peut aider à mieux structurer cette étape, surtout lorsque l’entreprise veut former et garder ses nouveaux travailleurs.
Le décret n’est pas automatiquement la meilleure option dans tous les cas. L’accès au travail peut dépendre de la région, du métier, de l’état des bassins de main-d’œuvre, des périodes plus fortes ou plus lentes et des besoins réels des entrepreneurs.
Un nouveau travailleur peut aussi trouver le cadre plus rigide: types de tâches, règles de métier, conditions d’accès, mobilité liée au secteur et attentes administratives. Pour quelqu’un qui veut toucher à plusieurs types de travaux rapidement, une petite entreprise hors décret peut parfois sembler plus flexible.
La question devient donc: est-ce que cette flexibilité aide réellement la carrière visée, ou est-ce qu’elle retarde un objectif important comme devenir compagnon dans le secteur assujetti?
Un emploi hors décret peut permettre d’entrer rapidement sur le marché, d’apprendre dans une petite équipe, de travailler sur des projets variés et de développer une autonomie terrain. Certains travailleurs aiment ce rythme plus direct, surtout dans la rénovation, l’entretien, la finition ou les travaux résidentiels non assujettis selon le contexte.
Ce type de poste peut aussi être utile pour confirmer son intérêt pour le métier, améliorer sa dextérité, apprendre à communiquer avec les clients et comprendre la réalité d’une entreprise plus petite. Pour un travailleur qui n’est pas encore certain de son parcours, cela peut avoir une vraie valeur.
Mais cette valeur doit être nommée pour ce qu’elle est: de l’expérience pratique. Elle ne doit pas être confondue automatiquement avec des heures reconnues dans le système CCQ.
Le principal risque est la confusion. Si le poste est présenté comme une porte d’entrée vers la construction assujettie, il faut demander exactement comment les heures seront traitées, quelles tâches seront faites et si le travail est réellement hors champ de la Loi R-20.
Un autre risque est de banaliser l’assujettissement. Quand un chantier devrait être assujetti, la situation peut créer des problèmes pour l’employeur, le travailleur et le client. En cas de doute sérieux, le Tribunal administratif du travail explique le recours lié à l’assujettissement à la Loi R-20, notamment lorsqu’il y a une difficulté d’interprétation ou d’application.
Le travailleur devrait aussi comparer les protections et les conditions réelles. Un salaire plus élevé à court terme peut être moins avantageux si les heures ne comptent pas, si l’encadrement est faible, si la sécurité est négligée ou si le poste ne mène pas au type de carrière souhaité.
Avant de dire oui, un finissant DEP devrait demander quel type de travaux il fera, sur quels types de chantiers, avec quel statut, sous quelle supervision et avec quelles attentes. Il devrait aussi vérifier si les heures seront déclarées à la CCQ, si elles compteront dans son apprentissage, et ce que l’employeur entend exactement par décret ou hors décret.
La discussion devrait aussi couvrir les conditions: salaire, horaire, transport, outils, équipements de protection, formation, tâches permises, période d’essai et possibilités d’avancement. Pour les métiers et les parcours, le guide ConstruMD sur les métiers et occupations dans la construction au Québec peut aider à situer les options dans un portrait plus large.
Un travailleur qui commence sans avoir toutes ses cartes ou qui explore les possibilités d’entrée dans l’industrie peut aussi consulter l’article ConstruMD sur trouver un emploi en construction sans formation, tout en gardant en tête qu’un DEP change souvent les objectifs et les attentes.
Pour les employeurs, la clarté est une marque de sérieux. Un candidat qui sort d’un DEP veut souvent savoir s’il va progresser vers son métier, accumuler des heures reconnues et se rapprocher du statut de compagnon. Si l’emploi est hors décret, il faut l’expliquer sans détour. Si l’emploi est décret, il faut expliquer les exigences, les documents, les tâches et le chemin d’apprentissage.
Cette transparence peut éviter beaucoup de frustration. Elle aide aussi à attirer les bons candidats: certains veulent un parcours CCQ structuré, d’autres cherchent d’abord une petite équipe, de la polyvalence ou une expérience de rénovation. Les deux profils peuvent être valables, mais ils ne cherchent pas la même chose.
Pour les travailleurs qui débutent, les formations essentielles pour entrer en construction peuvent aussi servir de repère pour comprendre ce qui relève de la formation, de la sécurité, de la qualification et de l’accès aux chantiers.
Le vrai choix n’est pas entre un bon camp et un mauvais camp. Le vrai choix est entre deux trajectoires qui ne produisent pas toujours les mêmes résultats.
Travailler décret peut être très avantageux si l’objectif est de faire reconnaître ses heures, progresser dans l’apprentissage CCQ et bâtir une carrière dans le secteur assujetti. Travailler hors décret peut aussi être pertinent si le contexte est conforme, si les conditions sont bonnes et si le travailleur comprend que l’expérience acquise ne mène pas toujours au même chemin officiel.
Avant d’accepter, il faut donc vérifier le type de travaux, le statut du poste, la reconnaissance des heures, les conditions de travail et l’objectif de carrière. Et lorsqu’il y a un doute sur l’application de la Loi R-20, la meilleure réponse reste de valider auprès de la CCQ, du TAT ou d’un professionnel compétent.
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