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Publié : 10 août 2026

Parcours rémunéré en construction: qui peut être payé pour faire son DEP?

Cohortes rémunérées en alternance travail-études en construction confirmées pour l'automne 2026

La formation en construction pose souvent le même problème: plusieurs travailleurs veulent obtenir un diplôme, mais ne peuvent pas arrêter de travailler pendant des mois sans salaire. De leur côté, des employeurs aimeraient former et retenir de bons candidats, mais hésitent à absorber seuls le coût d'une absence en classe.

C'est exactement le vide que les parcours rémunérés en alternance travail-études en construction essaient de combler. L'idée est simple: permettre à une personne liée à une entreprise de suivre un DEP dans un métier priorisé, d'être rémunérée pendant ses cours, puis de faire des stages payés sur chantier dans le respect des conventions collectives.

La CCQ a confirmé deux nouvelles cohortes pour l'automne 2026 en charpenterie-menuiserie. Pour les travailleurs, c'est une voie à surveiller si l'objectif est d'obtenir un DEP sans sortir complètement du marché du travail. Pour les employeurs, c'est un outil de recrutement et de rétention qui peut aider à développer une main-d'oeuvre diplômée.

Ce qui est confirmé pour l'automne 2026

Selon la page officielle de la CCQ sur le parcours rémunéré en alternance travail-études, deux cohortes sont confirmées avec inscriptions en cours.

La première cohorte vise le DEP 5319 en charpenterie-menuiserie au Centre de formation professionnelle de la Haute-Matawinie, dans Lanaudière. La période de formation annoncée est du 21 septembre 2026 au 22 octobre 2027. La cohorte compte 24 places, dont certaines sont réservées en priorité aux membres de la communauté Atikamekw.

La deuxième cohorte vise aussi le DEP 5319 en charpenterie-menuiserie, cette fois au Centre de formation professionnelle Qualitech, dans la région Mauricie-Bois-Francs. La période annoncée est du 21 octobre 2026 au 4 novembre 2027. La cohorte compte 22 places.

Ces chiffres sont modestes. On ne parle pas d'une réforme qui ouvre des milliers de places du jour au lendemain. Mais pour les travailleurs et les entreprises des régions visées, ce sont des places très concrètes, avec un mécanisme de salaire et de subvention qui peut changer la décision de participer ou non.

Fonctionnement d'un parcours rémunéré en alternance travail-études en construction

Le principe: étudier sans couper complètement le lien avec l'emploi

Un parcours rémunéré en alternance travail-études permet à une travailleuse ou un travailleur d'une entreprise de construction de s'inscrire à un programme d'études menant à un DEP dans un métier ciblé. La différence importante, c'est que la personne peut être rémunérée lorsqu'elle est présente aux cours exigés du centre de formation professionnelle.

L'initiative prévoit une subvention salariale pouvant aller jusqu'à 25 000 $ par participante ou participant afin de soutenir les entreprises pendant cette période. Ce n'est donc pas seulement une aide au travailleur. C'est aussi un mécanisme pour réduire le poids financier porté par l'employeur qui accepte de former ou de maintenir une personne dans son parcours.

Le parcours inclut aussi un ou des stages rémunérés sur des chantiers de construction. La CCQ précise que ces stages doivent se faire dans le respect des conventions collectives. En clair, la formation ne sert pas à contourner les règles de l'industrie. Elle sert à organiser un parcours encadré entre le CFP, l'entreprise, la personne participante et les obligations de la construction.

Métiers priorisés par les parcours rémunérés ATE en construction

Les métiers visés ne sont pas choisis au hasard

Les métiers actuellement priorisés par le parcours sont briqueteur-maçon, charpentier-menuisier, électricien, frigoriste et tuyauteur. Sur la page détaillée du programme, la CCQ associe ces métiers aux DEP suivants: briquetage-maçonnerie, charpenterie-menuiserie, électricité, plomberie et chauffage, et réfrigération.

Ces métiers touchent directement les besoins de main-d'oeuvre spécialisée sur les chantiers. Ils exigent aussi une progression structurée: formation, droit de travail, apprentissage, heures, expérience et conformité. Un travailleur qui veut mieux comprendre le rôle concret de chaque métier peut consulter le guide ConstruMD sur les métiers et occupations de la construction au Québec avant de s'engager dans une voie précise.

Dans le cas des deux cohortes confirmées à l'automne 2026, le métier visé est charpentier-menuisier. C'est un choix logique, parce que ce métier est présent dans plusieurs types de chantiers et sert souvent de porte d'entrée structurante dans l'industrie. Le guide ConstruMD sur le métier de charpentier-menuisier au Québec peut aider à situer les tâches, le DEP et les perspectives avant de regarder une cohorte.

Qui peut participer comme travailleur?

Le parcours ne s'adresse pas à n'importe quelle personne qui veut simplement suivre un DEP. La CCQ indique que l'initiative cible les personnes qui détiennent un certificat de compétence valide, apprenti ou compagnon d'un autre métier, ou une exemption délivrée par la CCQ. Elle cible aussi les personnes nouvellement embauchées qui détiennent un certificat de compétence apprenti à titre d'étudiant.

Pour une personne candidate, les conditions mentionnées par la CCQ comprennent notamment l'âge de 16 ans ou plus, la citoyenneté canadienne ou le statut de résidence permanente valide, les préalables scolaires requis du programme visé, ainsi qu'un lien avec une entreprise de construction admissible, soit parce que la personne travaille déjà pour elle, soit parce qu'elle a obtenu une lettre d'engagement.

La personne doit aussi répondre aux exigences de la CCQ, dont détenir un droit de travail valide pendant toute la durée de sa participation. Ce point est majeur. Un parcours rémunéré ne remplace pas les règles d'accès aux chantiers. Il les organise dans un cadre particulier.

Le CFP garde un rôle clé dans l'admission

Il ne faut pas confondre formulaire d'intérêt et inscription officielle. La CCQ précise que les personnes intéressées peuvent remplir un formulaire d'intérêt, mais que cela ne constitue pas automatiquement une inscription. Le centre de formation professionnelle demeure responsable de l'évaluation de l'admission au programme d'études.

Le CFP peut aussi demander des tests d'admission ou de classement, incluant un test de français, peu importe le niveau de scolarité atteint. En pratique, cela veut dire qu'une personne motivée doit quand même valider les préalables scolaires et le processus propre au centre de formation.

Pour les travailleurs qui sont encore au stade de choisir une voie, le guide ConstruMD sur les formations essentielles pour débuter en construction aide à distinguer le DEP, les cartes, les attestations et les autres étapes qui reviennent souvent dans les démarches.

Ce que l'employeur doit comprendre

Pour une entreprise, ce programme peut être intéressant parce qu'il transforme une partie de la formation en stratégie de main-d'oeuvre. Au lieu d'attendre qu'un travailleur diplômé soit disponible sur le marché, l'entreprise peut appuyer une personne qui travaille déjà ou qu'elle souhaite engager, puis l'aider à progresser vers un DEP.

La CCQ précise toutefois que l'employeur doit répondre aux différentes exigences de conformité de la CCQ. Il doit aussi employer la personne ou avoir remis une lettre d'engagement à un futur travailleur ou une future travailleuse. La personne doit respecter les conditions du parcours, dont les préalables scolaires et le droit de travail valide.

Le soutien financier prend la forme de subventions salariales pendant que les travailleurs et travailleuses suivent les cours exigés du CFP. La subvention annoncée peut aller jusqu'à 25 000 $ par participant ou participante, mais l'admissibilité et le déroulement réel dépendent des cohortes, des CFP, des métiers, des régions et des conditions applicables.

Ce que ce parcours n'est pas

Ce parcours n'est pas une garantie automatique d'emploi permanent. Il ne remplace pas une convention collective, un certificat de compétence, une exemption ou les règles de la CCQ. Il ne transforme pas non plus un formulaire d'intérêt en inscription confirmée.

Ce n'est pas non plus la même chose que la garantie de 150 heures utilisée dans certaines démarches d'accès à l'industrie. La garantie de 150 heures concerne un autre mécanisme, souvent lié aux bassins de main-d'oeuvre. Les candidats qui cherchent ce type d'entrée peuvent plutôt surveiller les emplois en construction avec garantie de 150 heures, mais il faut éviter de mélanger les deux dossiers.

La logique du parcours rémunéré est différente: elle vise une formation professionnelle structurée, avec salaire pendant les cours, stages rémunérés et collaboration entre employeur, CFP et CCQ.

Pourquoi ce programme existe maintenant

Le programme répond à un problème connu: l'industrie a besoin de plus de personnes diplômées, mais la formation exige du temps, de l'organisation et un revenu. La CCQ a aussi publié en 2026 des perspectives professionnelles qui évaluent les besoins de main-d'oeuvre à 17 000 personnes salariées en moyenne par année pour la période 2026-2030. Dans ce contexte, former davantage de personnes déjà connectées à l'industrie devient un levier concret.

La CCQ explique que le projet pilote est rendu possible grâce au financement du programme Formations de courte durée de la Commission des partenaires du marché du travail. Les parcours sont administrés par la CCQ en collaboration avec le ministère de l'Emploi et de la Solidarité sociale, la CPMT et les CFP participants.

En langage simple, le programme tente d'aligner trois besoins: le besoin du travailleur de garder un revenu, le besoin de l'employeur de ne pas perdre entièrement sa main-d'oeuvre pendant la formation, et le besoin de l'industrie d'augmenter le nombre de personnes diplômées.

Les questions à poser avant de s'inscrire ou d'appuyer un candidat

Un travailleur devrait d'abord vérifier si le métier visé correspond réellement à son projet. Un DEP en charpenterie-menuiserie n'a pas le même quotidien qu'un DEP en électricité, en réfrigération ou en plomberie et chauffage. Le bon choix doit tenir compte des tâches, du rythme de chantier, des préalables, des perspectives régionales et de la progression CCQ.

Il faut ensuite confirmer les conditions d'admission avec le CFP, les exigences de la CCQ et le statut de travail. Les personnes qui n'ont pas encore de carte ou qui ne comprennent pas bien leur statut peuvent relire le guide ConstruMD sur comment obtenir une carte de compétence CCQ, parce que le droit de travail reste un point central.

Un employeur devrait pour sa part vérifier s'il peut réellement rémunérer la personne pendant tout son parcours, coordonner les absences en formation, intégrer les stages et respecter les conventions collectives. Le programme peut aider, mais il exige une vraie planification opérationnelle.

À retenir

Les parcours rémunérés en alternance travail-études en construction ne sont pas seulement une annonce de formation. Ils représentent une manière plus structurée de former une main-d'oeuvre qualifiée tout en réduisant le choc financier pour la personne et pour l'entreprise.

Pour l'automne 2026, les cohortes confirmées sont limitées, précises et régionales: charpenterie-menuiserie dans Lanaudière et en Mauricie-Bois-Francs. Les places sont donc à surveiller rapidement par les travailleurs, les employeurs et les CFP concernés.

La meilleure façon d'aborder ce parcours est de le voir comme un engagement encadré: un métier ciblé, un DEP, un employeur, un CFP, un salaire pendant la formation, des stages rémunérés, et un droit de travail valide à maintenir. Bien utilisé, c'est un outil sérieux pour entrer, progresser ou retenir du talent dans la construction au Québec.

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