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Publié : 3 juin 2026

Construction au Québec: pourquoi recruter 17 000 travailleurs par année devient un enjeu stratégique

Les nouvelles perspectives de la CCQ pour 2026-2030 confirment une réalité que plusieurs employeurs vivent déjà sur le terrain: la construction québécoise aura besoin d’environ 17 000 nouveaux travailleurs par année pour répondre à la demande, remplacer les départs et soutenir le volume d’activité prévu.

Ce chiffre ne doit pas être lu comme une simple statistique de pénurie. Il indique un changement plus profond: les entreprises ne peuvent plus traiter le recrutement comme une réaction de dernière minute. La main-d’œuvre devient un enjeu de planification aussi important que les matériaux, les échéanciers, les sous-traitants et le financement.

Les perspectives à long terme sont utiles, mais les emplois en construction au Québec affichés aujourd'hui montrent où la demande est déjà active.

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Ce que disent les perspectives CCQ 2026-2030

Selon la CCQ, les perspectives professionnelles 2026-2030 prévoient une moyenne annuelle d’environ 220 millions d’heures travaillées dans l’industrie. Pour soutenir cette activité, plus de 200 000 travailleurs seront requis chaque année, et l’industrie devra accueillir environ 17 000 nouveaux travailleurs annuellement.

Ces besoins ne viennent pas d’une seule cause. Ils combinent la demande de projets, les départs à la retraite, le roulement, les changements de secteur, la progression des apprentis et la capacité des entreprises à garder les travailleurs en poste.

Pourquoi ce n’est pas seulement une question de pénurie

Parler de pénurie donne parfois l’impression qu’il suffit de trouver plus de candidats. Dans la construction, le problème est plus large. Il faut attirer des personnes dans l’industrie, les faire entrer par les bons mécanismes, les former, les encadrer et les garder assez longtemps pour qu’elles deviennent productives.

Un travailleur qui entre dans l’industrie mais quitte rapidement ne règle pas le problème. Un apprenti mal encadré peut ralentir une équipe au lieu de la renforcer. Un employeur qui recrute dans l’urgence risque de répéter le même cycle chaque saison.

La question devient donc: comment transformer le recrutement en système durable?

Ce que ça change pour les employeurs

Pour les entrepreneurs et les gestionnaires, les perspectives CCQ changent la façon de planifier la main-d’œuvre. Le recrutement ne devrait plus commencer seulement quand un chantier manque de bras. Il devrait être lié au calendrier de projets, aux métiers critiques, aux périodes de pointe et aux besoins de relève.

Recruter avant l’urgence

Une entreprise qui attend d’être en manque de personnel se retrouve souvent en compétition directe avec plusieurs autres employeurs. Dans un marché serré, le délai de recrutement devient un risque opérationnel. Planifier plus tôt permet de mieux cibler les profils, préparer l’intégration et éviter de surcharger les équipes en place.

Mieux intégrer les apprentis

Les apprentis sont essentiels à la relève, mais ils ne deviennent pas autonomes instantanément. L’article ConstruMD sur comment embaucher un apprenti en construction au Québec peut aider les employeurs à mieux comprendre les conditions d’entrée, la garantie d’heures et les responsabilités liées à l’embauche.

L’intégration doit être structurée: qui encadre l’apprenti, quelles tâches lui sont confiées, comment sa progression est suivie et comment on évite qu’il soit perçu seulement comme une charge supplémentaire pour l’équipe.

Réduire le roulement

Retenir un travailleur coûte souvent moins cher que le remplacer. Les employeurs qui veulent répondre aux besoins 2026-2030 devront regarder au-delà du salaire: qualité de supervision, stabilité des horaires, climat de chantier, sécurité, communication, progression et reconnaissance du travail.

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Quels profils seront sous pression

Les besoins ne seront pas identiques dans tous les métiers. Certains secteurs risquent d’être plus sensibles selon les volumes de travaux, les régions et les départs prévus. La CCQ présente les métiers et occupations qui structurent l’accès à l’industrie, ce qui rappelle que la main-d’œuvre de construction ne forme pas un seul bloc interchangeable.

Pour mieux comprendre les types de profils présents sur les chantiers, ConstruMD propose aussi un guide sur les métiers et occupations dans la construction au Québec. Ce lien est utile parce que le recrutement doit être pensé par métier, par niveau d’expérience et par réalité de chantier.

L’accès à l’industrie devient un sujet central

Si l’industrie doit intégrer environ 17 000 nouveaux travailleurs par année, l’accès aux métiers devient un levier majeur. Les bassins de main-d’œuvre, les diplômés, les apprentis, les travailleurs expérimentés d’autres secteurs et les nouveaux entrants devront tous contribuer.

ConstruMD explique le fonctionnement du bassin de main-d’œuvre CCQ et l’accès aux métiers de la construction. Ce sujet devient directement lié aux perspectives 2026-2030, parce que chaque ouverture ou restriction d’accès influence la capacité des entreprises à répondre aux besoins réels.

Il faut aussi tenir compte des personnes qui veulent entrer sans parcours traditionnel. L’article ConstruMD sur l’emploi en construction sans formation au Québec peut aider à clarifier ce qui est possible, ce qui dépend des bassins et ce qui exige une démarche plus structurée.

Les impacts sur les projets et les clients

Quand la main-d’œuvre manque, les effets se voient rapidement: délais prolongés, sous-traitants moins disponibles, coûts plus difficiles à prévoir, équipes étirées, risques de qualité et pression accrue sur les contremaîtres.

Pour les donneurs d’ouvrage et les investisseurs, les perspectives CCQ sont donc aussi un signal de planification. Un projet ne dépend pas seulement du budget et du permis. Il dépend aussi de la disponibilité réelle des métiers au bon moment.

Ce que les entreprises devraient faire maintenant

La réponse ne devrait pas être une campagne de recrutement isolée. Les employeurs gagnent à mettre en place une stratégie simple, mais continue.

Cartographier les besoins

Identifier les métiers critiques, les postes difficiles à combler, les périodes de pointe et les départs possibles. Cette cartographie permet de recruter en fonction des chantiers à venir, pas seulement des urgences de la semaine.

Créer un parcours d’intégration

Un nouvel employé devrait savoir à quoi s’attendre dès les premiers jours: tâches, outils, règles de sécurité, personne-ressource, attentes de production et progression possible.

Mesurer la rétention

Le taux de départ, les raisons de départ et les irritants récurrents doivent être suivis. Une entreprise qui ne comprend pas pourquoi les gens partent risque de recruter sans jamais stabiliser ses équipes.

Valoriser les contremaîtres

Les contremaîtres jouent un rôle central dans l’intégration et la rétention. Ils ne peuvent pas porter seuls la pression de productivité, de formation et de supervision sans soutien clair de l’entreprise.

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À retenir

Le besoin d’environ 17 000 nouveaux travailleurs par année n’est pas seulement un chiffre impressionnant. C’est un avertissement stratégique pour l’industrie.

Les entreprises qui réussiront le mieux ne seront pas seulement celles qui publient le plus d’offres. Ce seront celles qui attirent les bons profils, intègrent mieux les nouveaux, développent les apprentis et retiennent les travailleurs compétents.

Dans la construction québécoise des prochaines années, la main-d’œuvre ne sera pas un dossier RH secondaire. Elle sera au cœur de la capacité à livrer les projets.

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