Choisir son syndicat dans la construction au Québec
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13 sept. 2026
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Publié : 17 septembre 2026
Le prix du diesel est redevenu un risque opérationnel majeur pour les entreprises de construction du Québec. À Québec, des prix déclarés ont atteint 2,955 $ le litre le 17 septembre 2026. À ce niveau, le coût ne se limite plus au plein du camion: il se propage aux excavatrices, chargeuses, génératrices, livraisons, sous-traitants, transport des matériaux et déplacements entre les chantiers.
Le danger est surtout contractuel. Une entreprise peut avoir soumissionné avec un prix de référence beaucoup plus bas, puis devoir exécuter le travail plusieurs semaines plus tard. Si le contrat est à prix fixe et ne contient aucun mécanisme d’ajustement, la hausse peut être absorbée directement par la marge.
Voici une méthode simple et vérifiable pour comprendre la hausse, calculer son impact réel et décider quoi faire dans les soumissions et les contrats.
Il faut d’abord distinguer trois types de chiffres. Le prix affiché aujourd’hui dans une station est un prix local et ponctuel. Une moyenne mensuelle résume une période déjà écoulée. Un prix de référence contractuel sert enfin de base à une formule déterminée.
Pour certains tarifs de camionnage en vrac, le ministère des Transports et de la Mobilité durable publie un prix moyen du carburant de 2,188 $ le litre pour septembre 2026. Cette donnée correspond au prix moyen du mois précédent utilisé dans le mécanisme d’ajustement applicable. Elle ne signifie pas que toutes les stations vendaient le diesel à ce prix le 17 septembre.
Le même jour, les déclarations quotidiennes de prix pour la ville de Québec montraient un sommet de 2,955 $ le litre. L’écart illustre pourquoi un entrepreneur doit dater et localiser ses données plutôt que de reprendre un chiffre isolé.
Depuis le 1er avril 2026, les commerçants visés par l’article 67.1 de la Loi sur les produits pétroliers doivent rendre leurs prix accessibles sur une plateforme de la Régie. En pratique, cela signifie que Régie essence Québec permet de vérifier le prix déclaré dans les stations d’une région avant de mettre à jour une soumission ou de planifier un ravitaillement.
Le prix à la pompe ne dépend pas seulement du prix du pétrole brut. Il dépend aussi de la capacité de raffinage, de l’offre de diesel disponible, de la demande, du transport, du taux de change, des marges et des taxes applicables.
Le gouvernement fédéral attribue une partie de la flambée actuelle aux conflits en Europe et au Moyen-Orient. Il a annoncé le 15 septembre 2026 la prolongation de la suspension de la taxe d’accise fédérale sur le diesel jusqu’au 31 janvier 2027. Pour le diesel, cet allègement représente 4 cents le litre.
Cette mesure réduit la facture par rapport à ce qu’elle serait avec la taxe complète, mais elle ne neutralise pas une hausse de plusieurs dizaines de cents. Autrement dit, le prix peut rester très élevé même si une taxe de 4 cents est temporairement suspendue.
Le calcul doit partir des données de l’entreprise. Un taux universel de consommation serait trompeur, car une excavatrice, une chargeuse, une génératrice et un camion ne consomment pas la même quantité. L’état de l’équipement, la charge, le ralenti, le terrain, la température et la façon de travailler font aussi varier la consommation.
Coût de carburant = litres consommés par heure × heures prévues × prix au litre.
Le nombre de litres par heure devrait venir des relevés de ravitaillement, de la télématique ou, à défaut, des données du fabricant ajustées à l’utilisation réelle. Une moyenne calculée sur plusieurs semaines est généralement plus fiable qu’une seule journée.
Coût de carburant = consommation en L/100 km × kilomètres prévus ÷ 100 × prix au litre.
Il faut inclure les déplacements qui appartiennent réellement au projet: mobilisation, livraisons, aller-retour vers la carrière ou le fournisseur, déplacements entre deux sites et retours à vide lorsqu’ils font partie de l’opération.
Coût supplémentaire = litres prévus × différence entre le prix actuel et le prix de référence.
Exemple purement mathématique: si le diesel augmente de 0,75 $ le litre et que le chantier consomme 1 000 litres, la hausse directe est de 750 $. À 10 000 litres, elle devient 7 500 $. Le calcul n’est pas une surcharge automatique au client; il sert d’abord à mesurer le risque.
Un entrepreneur peut réduire certains déplacements, mais il ne contrôle pas toute la chaîne. Un fournisseur peut augmenter ses frais de livraison. Un transporteur peut appliquer un mécanisme prévu à son contrat. Un sous-traitant peut réviser ses nouveaux prix. Une carrière, un loueur d’équipement ou un service de conteneurs peut aussi transmettre une partie de ses coûts.
Il faut donc séparer le carburant consommé directement par l’entreprise des coûts indirects déjà intégrés dans les prix des fournisseurs. Additionner les deux sans vérification risquerait de compter la même hausse deux fois.
La main-d’œuvre reste une autre composante distincte. Comme l’explique notre guide sur le coût total d’une paie CCQ, le salaire brut ne représente pas à lui seul la dépense réelle de l’employeur. Pour connaître la marge d’un chantier, carburant, main-d’œuvre, matériaux, équipement et frais généraux doivent demeurer dans des catégories séparées.
Non, pas automatiquement. Le droit d’ajuster le prix dépend du contrat, de la soumission acceptée, des clauses applicables et du contexte. Une hausse générale du diesel ne transforme pas à elle seule un prix fixe en prix variable.
Avant de réclamer un supplément, il faut vérifier si le contrat prévoit une clause d’ajustement du carburant, une clause d’indexation, une allocation, une formule liée à un indice ou un mécanisme de changement. Il faut aussi vérifier le prix de référence, la date de départ, le seuil de déclenchement, les pièces justificatives, les limites et la façon dont l’ajustement doit être approuvé.
Les contrats publics ou les tarifs réglementés peuvent avoir leurs propres mécanismes. Par exemple, le MTQ publie des taux d’ajustement pour certains tarifs de camionnage en vrac et offre un outil de calcul de surcharge de carburant. Cette méthode ne s’applique pas automatiquement à tous les contrats privés de construction; elle montre plutôt à quoi ressemble un mécanisme documenté.
Une clause utile devrait identifier clairement le carburant visé, la source de prix utilisée, la région, la date ou la période de référence, la formule, le seuil minimal de variation, la fréquence de mise à jour et la façon de traiter une baisse.
Une clause équilibrée ne fonctionne pas seulement quand le prix monte. Si elle transfère une hausse au client, elle devrait aussi expliquer ce qui arrive lorsque le prix redescend. Cette symétrie rend la formule plus crédible et réduit les conflits.
Pour les nouveaux contrats, il est prudent de faire valider les clauses importantes par une personne qualifiée. Pour un contrat déjà signé, il faut éviter d’inventer une surcharge après coup sans base contractuelle ni accord écrit.
La soumission peut indiquer le prix de diesel utilisé dans le calcul, sa source, sa région et sa date. Le client peut alors voir sur quelle hypothèse repose le montant.
Une soumission valide pendant une longue période expose davantage l’entreprise à une variation. Une période de validité claire évite qu’un prix préparé dans un marché différent soit accepté plusieurs mois plus tard sans révision.
Les projets très mécanisés, éloignés ou riches en transport méritent une ligne de calcul distincte. Plus la consommation est cachée dans un montant global, plus il devient difficile d’expliquer un écart ou de vérifier une marge.
Un supplément uniforme de 5 % ou 10 % peut être trop élevé pour un projet léger et insuffisant pour un chantier de terrassement. Une formule liée aux litres, aux heures ou aux kilomètres reflète mieux l’exposition réelle.
Même une marge correctement calculée peut être fragilisée si l’entreprise finance le carburant pendant plusieurs semaines avant d’être payée. Pour les contrats publics visés, notre article sur le régime de paiements rapides en construction explique les nouvelles règles qui encadrent davantage la chaîne de paiement.
La première mesure est de suivre les litres par équipement et par projet. Sans cette information, l’entreprise sait combien elle paie au total, mais pas quel chantier consomme la marge.
La deuxième est de réduire le ralenti inutile, les voyages incomplets et les détours évitables. Il ne s’agit pas de presser les travailleurs ou de contourner les règles de sécurité, mais de mieux planifier la logistique, les livraisons et le ravitaillement.
La troisième est de comparer les prix locaux sur la plateforme officielle avant un plein important. Un écart de quelques cents devient significatif lorsqu’un réservoir mobile ou plusieurs équipements sont ravitaillés.
La quatrième est de parler rapidement aux clients et aux sous-traitants. Une discussion fondée sur une formule, des factures et une source publique est plus solide qu’une demande vague expliquant que «tout coûte plus cher».
Une semaine de prix extrêmes ne suffit pas à décider de vendre un camion ou une excavatrice rentable. La décision devrait comparer le coût total de possession, l’utilisation annuelle, le financement, l’entretien, la valeur de revente, la disponibilité d’une solution de remplacement et les contrats prévus.
La location, la sous-traitance ou un équipement électrique peuvent être pertinents dans certains cas, mais aucun choix n’est universel. Un équipement peu utilisé peut coûter trop cher à garder, tandis qu’une machine essentielle et productive peut rester rentable malgré un carburant plus cher.
Le diesel près de 3 $ le litre est un vrai risque pour la construction québécoise, mais l’impact ne se mesure pas avec une impression. Il se calcule avec les litres, les heures, les kilomètres, le prix de référence et les clauses du contrat.
Pour protéger la marge, une entreprise doit dater ses hypothèses, suivre la consommation par chantier, séparer les coûts directs des coûts transmis par les fournisseurs et utiliser une formule claire dans les nouvelles soumissions.
Le prix du carburant finira par changer. La méthode de gestion, elle, devrait rester: données réelles, contrat clair, preuve conservée et communication rapide.
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