Chômage pendant les vacances de la construction: qui y a droit en 2026?
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28 juin 2026
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Publié : 30 juin 2026
Un travailleur fait sa semaine, regarde son salaire brut, puis voit un montant beaucoup plus bas arriver dans son compte. La réaction est compréhensible: où est passé le reste?
La réponse n'est pas “la CCQ prend tout”. Une paie de construction au Québec réunit plusieurs systèmes différents: impôts, régimes publics, assurance collective, retraite, syndicat et prélèvement de la CCQ. En parallèle, l'employeur verse aussi plusieurs cotisations de sa poche qui ne sont pas retirées du salaire du travailleur.
Ce guide explique chaque catégorie avec les règles et taux officiels de 2026. Il ne présente pas un faux exemple de “paie moyenne”, car le résultat exact varie réellement selon le métier, l'occupation, le statut d'apprenti ou de compagnon, le secteur, le syndicat, le nombre d'heures, les primes et la situation fiscale personnelle.
Le salaire brut est la rémunération gagnée avant les retenues. Il comprend normalement les heures travaillées au taux applicable, le temps supplémentaire, les primes et certaines indemnités.
Le taux applicable dépend du métier ou de l'occupation, de la période d'apprentissage, du secteur et parfois de l'annexe salariale. Les grilles salariales CCQ 2026 permettent de vérifier le taux de base, mais le bulletin de paie doit montrer les heures travaillées à chaque taux.
Le revenu utilisé pour calculer l'impôt peut être différent du montant en argent gagné. Certains avantages payés par l'employeur, notamment une partie de l'assurance MÉDIC Construction, constituent des avantages imposables.
Un avantage imposable n'est pas un montant que l'employeur dépose dans le compte bancaire. C'est la valeur fiscale d'un avantage reçu. Cette valeur est ajoutée au revenu utilisé pour calculer certaines retenues d'impôt.
Le salaire net est le montant réellement versé après les retenues salariales. C'est le dépôt que le travailleur voit dans son compte.
Le coût de l'employeur est plus élevé que le salaire brut. Il comprend le salaire, les cotisations patronales aux régimes publics, les avantages sociaux, le régime de retraite, le fonds de vacances, le prélèvement CCQ et d'autres charges applicables.
Ce coût total n'est généralement pas présenté au complet sur le bulletin du travailleur. C'est une source importante de confusion: ce qui est retiré au salarié et ce que l'employeur paie en plus sont deux choses différentes.
Ces retenues ne sont pas propres à la CCQ. Elles existent aussi sur les paies de nombreux autres salariés québécois.
Il n'existe pas un pourcentage unique d'impôt pour toutes les paies CCQ. Les retenues dépendent notamment du revenu de la période de paie, de la fréquence des paies, des crédits inscrits dans les formulaires fiscaux, des déductions reconnues et des avantages imposables.
Les impôts sont progressifs. Cela signifie que le revenu n'est pas entièrement imposé au taux de la tranche la plus élevée atteinte. Seule la portion du revenu située dans chaque tranche reçoit le taux correspondant.
Les sommes prélevées sur chaque paie sont des retenues à la source, donc des paiements anticipés de l'impôt annuel. La déclaration de revenus fait ensuite le calcul final. Un travailleur peut recevoir un remboursement ou avoir un solde à payer selon l'ensemble de sa situation.
Le RRQ finance les rentes de retraite ainsi que certaines prestations d'invalidité et de survivants.
En 2026, le taux combinant la cotisation de base et la première cotisation supplémentaire est de 6,30 % pour le salarié, après l'exemption générale de 3 500 $, jusqu'au maximum des gains admissibles de 74 600 $. La cotisation maximale correspondante est de 4 479,30 $.
Une deuxième cotisation supplémentaire de 4 % s'applique ensuite sur la partie du salaire comprise entre 74 600 $ et 85 000 $, jusqu'à un maximum additionnel de 416 $. L'employeur verse une cotisation équivalente.
Sur une paie québécoise, l'assurance-emploi et le RQAP sont deux régimes différents. Les deux retenues sont donc normales et ne paient pas exactement les mêmes protections.
L'assurance-emploi est un programme fédéral. Elle finance notamment les prestations régulières lorsqu'une personne perd son emploi dans une situation admissible. Elle finance aussi certaines prestations fédérales, par exemple les prestations de maladie, de compassion et pour proches aidants.
Au Québec, le taux du salarié est réduit parce que les prestations de maternité, de paternité, parentales et d'adoption sont prises en charge par le régime québécois plutôt que par l'assurance-emploi fédérale.
En 2026, le salarié québécois verse 1,30 % de sa rémunération assurable à l'assurance-emploi, jusqu'au maximum annuel assurable de 68 900 $. La retenue maximale du salarié est de 895,70 $.
L'employeur verse séparément 1,82 %, jusqu'à un maximum annuel de 1 253,98 $ par salarié. Cette cotisation patronale n'est pas retirée de la paie du travailleur.
Le Régime québécois d'assurance parentale est un programme du Québec. Il verse les prestations de maternité, de paternité, parentales et d'adoption aux personnes admissibles.
En 2026, le salarié verse 0,430 % sur un revenu assurable maximal de 103 000 $, jusqu'à une cotisation annuelle maximale de 442,90 $.
L'employeur verse séparément 0,602 %, jusqu'à un maximum annuel de 620,06 $. Cette portion est également payée en plus du salaire.
En résumé: l'assurance-emploi protège notamment contre la perte d'emploi et certains autres événements, tandis que le RQAP couvre les congés liés à la naissance ou à l'adoption d'un enfant. Le Québec prélève donc les deux cotisations, mais réduit le taux d'assurance-emploi pour tenir compte de l'existence du RQAP.
Une cotisation salariale sert à financer le régime d'assurance de l'industrie, et la taxe provinciale applicable est également prélevée. Le régime peut offrir, selon l'admissibilité et le niveau de couverture, des protections liées aux médicaments, à la santé, à la vie, au salaire et à d'autres soins.
Pour le régime d'assurance de base, la CCQ a confirmé le maintien, jusqu'au 24 avril 2027, d'une cotisation salariale de 0,68 $ par heure et d'une cotisation patronale de 2,93 $ par heure. Des régimes ou caisses supplémentaires peuvent s'ajouter pour certains métiers ou occupations.
La cotisation de l'employeur procure un avantage au travailleur. Selon les règles fiscales, une partie de cette contribution devient un avantage imposable. Le travailleur paie donc de l'impôt sur la valeur de la couverture, mais il ne reçoit pas ce montant en argent comptant.
Le fonctionnement détaillé de MÉDIC Construction aide à comprendre pourquoi cette ligne apparaît à la fois comme cotisation et comme avantage imposable.
La cotisation salariale au régime de retraite est retirée de la paie. Son montant varie selon le métier ou l'occupation, le statut d'apprenti ou de compagnon, le secteur et l'annexe de salaire. Il n'existe donc pas un taux salarial unique valable pour tous.
Cette cotisation n'est pas une taxe. Elle est versée au régime de retraite et les cotisations salariales s'accumulent dans le compte complémentaire du participant. Elles sont aussi déductibles de son revenu imposable selon les règles applicables.
L'employeur cotise également pour chaque heure travaillée. Depuis le 26 avril 2026, la cotisation patronale générale au régime de retraite est de 5,21 $ par heure pour un compagnon ou une occupation et de 4,29 $ pour un apprenti. Ces montants ne sont généralement pas indiqués sur le bulletin de paie.
L'employeur retient la cotisation syndicale selon la méthode fixée par l'association du travailleur. Elle peut être calculée par semaine, par heure, selon une fraction du taux horaire ou selon une combinaison de méthodes.
Le montant n'est pas déterminé par la CCQ. La CCQ le collecte avec le rapport mensuel, puis le redistribue à l'association syndicale concernée.
Une contribution sectorielle peut aussi être prélevée pour financer de la formation en relations de travail. Dans le secteur résidentiel, cette contribution sectorielle est payée par l'employeur.
Le prélèvement finance les activités de la CCQ, notamment l'application de la loi et des conventions collectives. La part du salarié correspond à 0,75 % de sa rémunération et est retirée chaque semaine.
L'employeur verse une part égale de 0,75 %. La contribution totale n'est donc pas assumée uniquement par le travailleur.
Non. C'est l'un des mythes les plus importants à corriger.
La CCQ confirme que les indemnités représentant 13 % du salaire brut sont versées par l'employeur à la CCQ. Elles ne sont pas prélevées sur le salaire du travailleur.
Ce 13 % est composé de 6 % pour les congés annuels obligatoires, de 5,5 % pour les jours fériés chômés et de 1,5 % pour les congés de maladie.
La CCQ place les sommes dans un fonds et les remet aux travailleurs avant les vacances d'été et d'hiver. Les intérêts produits par le fonds sont également remis une fois par année avant les vacances d'été.
Autrement dit, si le salaire brut d'une semaine est de 2 000 $, l'employeur ne retire pas 260 $ de ce salaire pour créer la paie de vacances. L'employeur doit plutôt verser à la CCQ une indemnité équivalente à 13 % en plus du salaire gagné. Cet exemple illustre seulement le calcul du 13 % officiel; il ne représente pas une paie nette complète.
La part patronale peut comprendre le fonds de vacances de 13 %, la cotisation patronale à MÉDIC, la cotisation patronale au régime de retraite, la part patronale du prélèvement CCQ, la part patronale du RRQ, de l'assurance-emploi et du RQAP, ainsi que d'autres charges comme les cotisations de santé et sécurité applicables.
Ces sommes ne sont pas prises dans le salaire net du travailleur. Elles s'ajoutent au coût de la main-d'œuvre pour l'employeur.
Le bulletin de paie montre surtout les retenues du salarié. Il ne donne donc pas toujours une vue complète de ce que l'employeur a versé pour cette semaine de travail.
Il n'existe pas une retenue CCQ universelle de 50 %. Si l'écart entre le brut et le net approche ce niveau sur une paie, il faut additionner et vérifier toutes les lignes plutôt que d'attribuer l'écart à une seule organisation.
Les impôts fédéral et provincial forment souvent la plus grande catégorie. S'ajoutent ensuite le RRQ, l'assurance-emploi, le RQAP, l'assurance, la retraite, les cotisations syndicales, la contribution sectorielle et le prélèvement CCQ.
Une paie élevée, du temps supplémentaire ou un paiement irrégulier peut aussi augmenter temporairement les retenues d'impôt. Les systèmes de paie calculent les retenues à partir de la rémunération de la période. Le montant final d'impôt est toutefois déterminé avec la déclaration annuelle.
Enfin, un avantage imposable peut augmenter le revenu utilisé pour calculer l'impôt sans augmenter le dépôt bancaire. Cette ligne donne facilement l'impression qu'un montant a été retiré deux fois, alors qu'elle représente la valeur fiscale d'une protection payée en partie par l'employeur.
Faux. Les impôts, le RRQ, l'AE et le RQAP vont aux gouvernements et aux régimes publics. Les cotisations syndicales sont redistribuées au syndicat. Les cotisations d'assurance et de retraite financent les régimes correspondants. Seul le prélèvement CCQ sert directement à financer la CCQ.
Faux. Le 13 % est versé par l'employeur en plus du salaire et remis plus tard au travailleur par la CCQ.
Faux. L'employeur cotise notamment à MÉDIC et au régime de retraite. Il paie également sa part des régimes publics et du prélèvement CCQ.
Faux. Les heures supplémentaires augmentent le revenu brut et les retenues de la période, mais l'impôt est progressif. Tout le revenu annuel n'est pas imposé au taux marginal le plus élevé. La déclaration de revenus établit ensuite l'impôt final.
Faux. La retraite, certaines assurances, les cotisations syndicales et plusieurs conditions varient selon le métier, le secteur, le statut, l'annexe de salaire et l'association syndicale.
Faux. C'est la valeur fiscale d'un avantage, par exemple une couverture d'assurance payée par l'employeur. Cette valeur peut être imposable même si elle n'a pas été versée en argent.
Commencez par confirmer la période de travail, le métier ou l'occupation, le secteur, le statut d'apprenti ou de compagnon et la bonne période d'apprentissage.
Vérifiez ensuite les heures régulières, les heures majorées, le taux utilisé, les primes, les indemnités de déplacement ou d'équipement et les autres montants prévus par la convention collective.
Séparez ensuite les retenues en quatre groupes: gouvernements, avantages sociaux, syndicat et prélèvement CCQ. Ne mélangez pas un avantage imposable avec une somme réellement déduite.
Comparez enfin les heures du bulletin avec les heures enregistrées dans votre dossier en ligne de la CCQ. Le dossier permet aussi de consulter le cumul de la paie de vacances et le sommaire des cotisations.
Demandez d'abord au service de paie ou à l'employeur le nom exact de la retenue, son taux, sa base de calcul et la période visée. Une réponse comme “c'est la CCQ” n'est pas assez précise.
Comparez ensuite le bulletin avec les taux officiels, la convention collective et votre dossier CCQ. Si une erreur apparaît dans les heures ou les sommes déclarées, l'employeur peut transmettre une correction.
Si le désaccord persiste, le travailleur peut communiquer avec la CCQ ou utiliser le processus de plainte et de signalement approprié.
Le salaire brut n'est pas le coût total payé par l'employeur, et le salaire net n'est pas réduit uniquement par la CCQ.
Une partie des retenues finance les impôts et régimes publics. Une autre finance l'assurance et la retraite. Une autre est remise au syndicat. Le prélèvement CCQ représente 0,75 % pour le salarié, avec une part égale payée par l'employeur.
Le 13 % de vacances n'est pas retiré de la paie: il est payé en plus par l'employeur. Les contributions patronales à l'assurance, à la retraite et aux régimes publics sont également payées en plus.
Lorsqu'un travailleur compare une paie ou une offre d'emploi en construction avec garantie de 150 heures, il doit donc regarder plus que le taux horaire: le secteur, le statut, les primes, les avantages sociaux, la retraite et les retenues applicables déterminent ensemble la valeur réelle de l'emploi.