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Publié : 28 juin 2026

Chômage pendant les vacances de la construction: qui y a droit en 2026?

La réponse courte est claire: un travailleur qui demeure employé, prend les vacances de la construction prévues et reçoit la paie de vacances accumulée n'a pas droit aux prestations régulières d'assurance-emploi pour cette période.

Un travailleur peut recevoir l'assurance-emploi pendant les vacances de la construction seulement s'il a subi une véritable mise à pied ou une cessation d'emploi sans en être responsable, qu'il remplit toutes les conditions d'admissibilité et qu'il est réellement disponible pour accepter un autre emploi.

Autrement dit, la fermeture normale des chantiers pour les vacances ne crée pas automatiquement un droit au chômage. Ce qui décide du droit, c'est la situation d'emploi réelle du travailleur.

Tableau indiquant qui est admissible ou non au chômage pendant les vacances de la construction

La règle officielle qui tranche la question

Le Guide de la détermination de l'admissibilité de Service Canada précise qu'une personne n'est pas considérée en chômage pendant la fermeture annuelle de son entreprise lorsque trois conditions sont réunies:

Première condition: le travailleur prend une période de vacances conformément à l'entente avec son employeur.

Deuxième condition: il demeure employé par cet employeur pendant le congé.

Troisième condition: il a reçu la paie de vacances mise de côté pour cette période, peu importe la date exacte du paiement.

Quand ces trois conditions sont présentes, la réponse est non: la période n'est pas reconnue comme une période de chômage aux fins de l'assurance-emploi.

Cette règle a été clarifiée dans le Guide en 2026 à la suite d'une décision de la Cour d'appel fédérale. Elle s'applique directement au fonctionnement habituel des vacances de la construction au Québec.

Qui n'a pas droit au chômage pendant les vacances?

Le travailleur qui retourne chez le même employeur après les vacances

Si l'emploi continue, que le chantier ferme pour les vacances obligatoires et que le travailleur doit reprendre son poste après la fermeture, il ne s'agit pas d'une véritable perte d'emploi. Le travailleur est en vacances, pas en chômage.

Le fait de ne pas travailler pendant deux semaines ne suffit donc pas. L'assurance-emploi ne paie pas simplement parce que le chantier est fermé.

Le travailleur qui reçoit sa paie de vacances CCQ pour la période prévue

La CCQ administre les indemnités versées par les employeurs pour les congés annuels obligatoires, les jours fériés et les congés de maladie. Ces sommes représentent 13 % du salaire gagné: 6 % pour les vacances annuelles, 5,5 % pour les jours fériés et 1,5 % pour les congés de maladie.

Pour l'été 2026, la CCQ a versé les indemnités le 19 juin 2026. Les vacances obligatoires d'été se déroulent du 19 juillet 2026 à 0 h 01 au 1er août 2026 à minuit.

Recevoir ce paiement ne donne pas droit à l'assurance-emploi. Lorsque le travailleur demeure employé et prend les vacances prévues, il n'est pas considéré en chômage pendant cette période.

Le travailleur qui choisit simplement de prendre congé

Une personne qui demande un congé volontaire ou qui décide de ne pas travailler alors qu'un emploi demeure disponible ne répond pas à la condition d'avoir perdu son emploi sans en être responsable.

Elle n'est donc pas admissible aux prestations régulières pour financer son congé.

Le travailleur qui voyage et n'est pas disponible

Pour recevoir des prestations régulières, il faut être capable de travailler, disponible pour le faire et en recherche active d'emploi. Un travailleur qui part en voyage et qui ne peut pas accepter rapidement un emploi ne satisfait pas à cette exigence pour les jours concernés.

Une personne qui est à l'extérieur du Canada est généralement inadmissible aux prestations régulières, sauf dans certaines situations précises prévues par les règles. Des vacances personnelles à l'étranger ne constituent pas une recherche d'emploi.

Le travailleur qui n'a pas assez d'heures assurables

Même après une véritable mise à pied, le droit n'est pas automatique. Il faut avoir accumulé entre 420 et 700 heures d'emploi assurable pendant la période de référence. Le nombre exact dépend du taux de chômage dans la région où le travailleur réside.

Sans le nombre requis d'heures, aucune demande de prestations régulières ne peut être établie.

Qui peut recevoir l'assurance-emploi pendant cette période?

Le travailleur admissible est celui dont l'emploi a réellement pris fin pour un motif indépendant de sa volonté, par exemple un manque de travail, une fin de chantier ou une mise à pied réelle, et non simplement la fermeture annuelle pour vacances.

Il doit ensuite remplir toutes les autres conditions de l'assurance-emploi.

Les cinq conditions pour recevoir des prestations régulières d'assurance-emploi

Condition 1: une véritable perte d'emploi sans faute

La mise à pied doit être réelle. Le travailleur n'a plus de travail en raison d'un manque de travail, d'une fin de chantier, d'une réduction d'activité ou d'une autre situation qu'il n'a pas provoquée.

Un employeur ne peut pas transformer de simples vacances prévues en mise à pied uniquement en produisant un relevé d'emploi. Service Canada examine les faits: l'emploi continue-t-il, le retour est-il prévu et la période correspond-elle aux vacances convenues?

Condition 2: au moins sept jours consécutifs sans travail ni salaire

Le travailleur doit avoir connu une interruption de rémunération: au moins sept jours consécutifs sans travail et sans salaire provenant de cet emploi.

Le relevé d'emploi doit normalement être produit lorsqu'une telle interruption survient. Ce document est important, mais il ne garantit pas à lui seul l'admissibilité.

Condition 3: entre 420 et 700 heures assurables

Le nombre d'heures requis est calculé selon le taux de chômage de la région de résidence. La page officielle sur l'admissibilité aux prestations régulières permet de vérifier le seuil applicable avec le code postal.

La période de référence correspond généralement aux 52 semaines précédant la demande ou à la période écoulée depuis le début d'une demande précédente, selon la période la plus courte.

Condition 4: être capable et disponible pour travailler

Le travailleur doit pouvoir accepter un emploi. Il ne suffit pas d'être techniquement sans emploi. Il faut être prêt à travailler et ne pas imposer des conditions qui empêchent raisonnablement une embauche.

Attendre simplement le retour chez l'ancien employeur sans chercher ailleurs peut faire échouer cette condition.

Condition 5: chercher activement un emploi

Le travailleur doit effectuer une recherche d'emploi réelle et conserver des preuves: entreprises contactées, dates, postes visés, candidatures envoyées et suivis effectués.

Les offres d'emploi en construction avec garantie de 150 heures peuvent faire partie de cette recherche lorsqu'elles correspondent au métier, au niveau d'apprentissage et à la région du travailleur.

La paie de vacances CCQ empêche-t-elle toujours de recevoir l'AE?

Non. Le chèque de vacances CCQ n'empêche pas automatiquement une personne réellement mise à pied de recevoir l'assurance-emploi.

Le Guide de Service Canada précise que les sommes détenues en fiducie et versées lors des vacances générales, notamment dans l'industrie de la construction au Québec, n'ont pas valeur de rémunération au moment du versement en raison de leur caractère fiduciaire.

La distinction est importante. Pour un travailleur qui demeure employé et prend les vacances prévues, le refus vient du fait qu'il n'est pas considéré en chômage. Pour un travailleur dont l'emploi a véritablement pris fin, la paie de vacances détenue par la CCQ ne détruit pas automatiquement son admissibilité.

Il faut tout de même déclarer les sommes reçues lorsque Service Canada le demande. C'est Service Canada qui applique la bonne règle de répartition.

Trois exemples qui montrent la différence

Exemple 1: retour prévu après les vacances

Marc termine sa semaine le 17 juillet. Son employeur ferme pendant les vacances de la construction et lui confirme son retour le 3 août. Marc reçoit sa paie de vacances CCQ.

Résultat: Marc n'a pas droit aux prestations régulières pour les deux semaines de vacances. Son emploi continue et il prend la période de vacances prévue.

Exemple 2: fin réelle de chantier avant les vacances

Julie termine un chantier le 10 juillet. Son employeur n'a plus de travail pour elle et ne lui promet aucune date de retour. Un relevé d'emploi est produit pour manque de travail. Julie possède le nombre d'heures requis, demeure disponible et envoie des candidatures.

Résultat: Julie peut être admissible aux prestations, y compris pendant la période des vacances de la construction. Sa situation est une vraie mise à pied, pas un simple congé annuel.

Exemple 3: relevé d'emploi produit seulement pour les vacances

Alex reçoit un relevé d'emploi, mais son employeur lui demande de revenir immédiatement après les vacances. La fermeture correspond aux vacances annuelles et Alex a reçu la paie mise de côté.

Résultat: le relevé d'emploi ne suffit pas. Alex n'est pas considéré en chômage si l'emploi demeure en vigueur et que la période est celle des vacances prévues.

Comment faire une demande après une vraie mise à pied

1. Présenter la demande immédiatement

Il faut faire la demande de prestations régulières dès l'arrêt de travail. Il n'est pas nécessaire d'attendre le relevé d'emploi.

Attendre plus de quatre semaines après le dernier jour de travail peut faire perdre des semaines de prestations.

2. Vérifier le relevé d'emploi

Le travailleur doit vérifier dans Mon dossier Service Canada que le relevé d'emploi a été transmis et que le motif correspond à la situation réelle. Dans une mise à pied pour manque de travail, le motif utilisé est normalement le manque de travail.

Si le relevé n'est pas produit, le travailleur doit communiquer avec son employeur, puis avec Service Canada si le problème demeure.

3. Continuer la recherche d'emploi

La recherche doit commencer immédiatement et se poursuivre pendant les semaines réclamées. Garder une liste claire des démarches permet de démontrer la disponibilité.

4. Remplir les déclarations aux deux semaines

Les déclarations servent à confirmer les heures travaillées, les gains, la disponibilité, les recherches d'emploi et les autres sommes reçues. Une omission peut entraîner un retard, un trop-payé ou un remboursement.

Y a-t-il une semaine sans paiement en 2026?

Pour une nouvelle demande qui commence entre le 30 mars 2025 et le 10 octobre 2026, le délai de carence d'une semaine est annulé.

Un travailleur admissible qui ouvre une demande pendant l'été 2026 n'a donc pas à perdre automatiquement une première semaine à cause du délai de carence. Cette mesure n'aide toutefois pas une personne qui n'est pas admissible au départ.

Combien peut-on recevoir?

En 2026, le taux de base correspond généralement à 55 % de la rémunération hebdomadaire moyenne assurable, jusqu'à un maximum de 729 $ par semaine. Les prestations régulières peuvent être versées pendant 14 à 45 semaines selon les heures accumulées et le taux de chômage régional.

Le montant exact est établi par Service Canada après l'analyse de la demande et des relevés d'emploi.

Le verdict final

Tu retournes chez le même employeur après les vacances, ton emploi continue et tu reçois ta paie de vacances CCQ: tu n'as pas droit au chômage pour cette période.

Tu as réellement perdu ton emploi avant les vacances, sans faute de ta part, tu as assez d'heures, tu es disponible et tu cherches activement du travail: tu peux recevoir l'assurance-emploi.

Le relevé d'emploi et le chèque de vacances ne décident pas seuls. Ce sont la fin réelle de l'emploi et le respect de toutes les conditions d'admissibilité qui décident.

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